Le numérique et la consommation des ressources

Nous avons vu précédemment que le numérique, tous secteurs confondus, est sans doute ce qui va le plus augmenter notre consommation énergétique dans le futur. La consommation des ressources par le numérique est moins connue, moins spectaculaire, mais réellement problématique.

Les métaux et terres rares sont, devinez quoi… rares !

D’abord, les composants numériques utilisent , outre les matières premières dont sont constituées les machines et les composants électriques, des métaux rares comme le cobalt, l’indium et le tungstène, et des terres rares comme le dysprosium, le néodyme, le praséodyme. Et déjà, certaines de ces ressources sont en voie d’épuisement, les réserves ne dureront pas longtemps face à la gourmandise de plus en plus grande du numérique. A moins de croire dans les miracles de la sciences et de la technologie (personnellement je suis scientifique de formation, technicien de métier et… athée), on est dans une impasse. Que se passera-t-il lorsque nous aurons construit un monde entièrement dépendant du numérique (celui d’aujourd’hui l’est déjà fortement) ne pourra plus fabriquer les composants dont ils dépend ? Pas de réponse des grandes entreprises du numérique et des gouvernants. Plus tard, nous verrons plus tard, et avec un peu de chance, une solution sera tombée du ciel pour éviter le pire.

S’il n’y avait plus de métaux et terres rares, le recul technologique serait simple : retour aux années 70, maximum, et encore. Et pour le moment, il n’est pas un seul expert qui puisse nous montrer que nous pouvons y échapper, au contraire, tous prédisent la pénurie à plus ou moins court terme, c’est-à-dire une extraction tellement minime et tellement coûteuse que l’usage de ces métaux sera réservé à des activités critiques… sûrement pas au smartphone, à la console de jeu ou à l’ordinateur personnel de chacun.

Quelques conséquences environnementales

L’exploitation de ces ressources est elle-même parfois une catastrophe écologique. L’exemple de la plus importante région minière spécialisée dans l’extraction des terres rares en Chine, aux environs de la ville de Baotou, est frappant : la radioactivité y est plus de deux fois supérieure à celle de Tchernobyl. Les légumes ne poussent plus, le bétail meurt, et les habitants respirent des vapeurs nocives.

Exploitation des terres rares à Baogang (Chine). Bien des guerres ont laissé des paysages plus joyeux derrière elles.

Les pollutions de l’eau, du sol et de l’air dues à ces substances sont lourdes de conséquences pour le vivant, et donc pour l’homme, mais nous y viendrons dans un autre article. Sachons simplement que sur les 60 éléments nécessaires pour fabriquer un smartphone, seuls 20 se recyclent dans la nature sans poser de problème, 40 autres sont nocifs, 20 sont très dangereux pour la santé.

Quelques conséquences politiques, sociales, géostratégiques

La Chine, principal producteur mondial, loin devant tous les autres pays du monde réunis !

Un deuxième problème inattendu et de taille existe : l’essentiel des terres rares proviennent… de Chine. Et donc, on pourrait non seulement avec l’essor du numérique amener une catastrophe écologique, mais contribuer à un vrai cauchemar géopolitique, à savoir une emprise encore plus grande de la Chine sur les pays occidentaux. Nos démocraties occidentales n’étaient déjà plus très fières avec nos derniers gouvernements, celles-ci pourraient encore reculer face aux pression de la Chine qui se retrouverait alors en position de force. Ce n’est pas demain que la France ou les Etats-Unis accueilleront le Dalaï Lama et condamneront la politique chinoise !

Crédit photo : A compléter

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