Reconversion numérique des VDI

(Vendeurs à Domicile Indépendants)

Envisager son métier autrement, est tout le pari, tout l’enjeu des métiers de la vente à domicile. En effet, comme son nom l’indique, cette activité se pratique au domicile des gens. C’est un choix d’activité fait pour sa convivialité. Alors, par ces temps de confinement et de restrictions relationnelles, comment faire ? Nous avons interrogé Céline et Vanessa pour en savoir plus.

  • de gauche à droite :
  • Vanessa Bochu, infirmière, VDI pour H2O – 06 36 51 83 91- Les Essarts le Roi
  • Céline Lagarde, creasdeceline, VDI Stampin’up – 06 22 11 04 89 – Les Essarts le Roi


A quel moment avez-vous décidé d’utiliser le numérique pour votre activité ?

  • Céline : Dès le début, depuis le mois de mars, jamais d’arrêt. Je fais partie d’une association, ce qui m’a bien aidée à prendre cet élan.
  • Vanessa : Depuis le mois de mai, car mon entreprise n’autorisait plus les ventes avant.

Avez-vous dû investir dans un matériel particulier ?

  • Céline : Oui, bien sûr, un peu. Un pied pour maintenir mon téléphone, ainsi qu’un casque. Le matériel que j’avais a permis de limiter l’investissement, système D oblige.
  • Vanessa : J’avais déjà une caméra et un équipement numérique. J’ai réaménagé une pièce de mon logement pour un environnement plus adapté à mon activité. Le prochain achat sera un anneau lumineux pour une meilleure image.

Vos ateliers virtuels sont-ils si différents de vos ateliers physiques ?

  • Céline : Oui très différents, il faut tout repenser. Un atelier de scrapbooking demande un matériel particulier, pour coller, découper, embosser, etc … J’apporte tout pour un atelier physique, pour que chaque participant puisse réaliser dans les meilleures conditions son projet, ce qui est impossible en virtuel. Alors, il faut trouver des astuces, réviser les explications, imaginer une autre façon de faire. Il faut aussi relever le défi technique ! Penser à filmer dans le bon sens, par exemple ! Il faut faire attention à ne pas faire trop “télé shopping” . Mais la présence physique des gens manque beaucoup !
  • Vanessa : Un atelier sans contact est moins convivial, c’est vraiment un manque. Toucher le matériel, démontrer son efficacité, sa qualité, est une mission quasi impossible en virtuel. Parfois, lors de certains ateliers virtuels, je peux avoir la sensation de parler dans le vide… toute seule. La participation n’est pas la même, certains participants ne mettent pas la caméra, ce qui est frustrant. Alors, après chaque visio, je rappelle mes clients individuellement, pour mieux dialoguer et créer un meilleur contact, plus personnel, comme celui qui se crée en atelier physique.

Quelles sont les réactions des clients face à ces ateliers d’un nouveau genre ?

  • Céline : Un retour en présentiel !! C’est, parfois, compliqué pour eux de se connecter. Une nette préférence pour le “vrai”. La convivialité manque. Les ateliers sont aussi une occasion de se retrouver entre amis, de papoter, de faire une activité commune. L’atelier n’est pas qu’une activité commerciale, l’humain en est le coeur. La visio ne permet pas cela, c’est mieux que rien, mais c’est tout. Même si pour certaines personnes, les visio sont plus faciles à caser “entre deux ” qu’un atelier normal.
  • Vanessa : Oui, c’est tout à fait cela, moins convivial, moins de chaleur humaine. Les gens en ont besoin. De plus, avec le télétravail, beaucoup hésitent à ajouter un atelier virtuel ! Selon l’activité de chacun, les réactions sont différentes. Il faut réfléchir à se renouveler, voir et proposer autrement l’atelier. S’adapter à un autre format qu’une réunion virtuelle de groupe, proposer des groupes plus restreints.

Face à la réticence de vos clients, que devient votre activité ?

  • Céline : Par l’impossibilité de participer aux salons, ou autres, l’activité est en baisse importante. Les moyens des clients baissent aussi, comme l’envie. Mais le lien humain est intéressant, il faut le garder. L’effort est très différent.
  • Vanessa : Face à une vraie réticence des clients, j’ai beaucoup moins d’ateliers à mon actif et j’ai constaté une baisse d’activité d’au moins 50%. Le virtuel démotive beaucoup et permet plus de désistement des participants au dernier moment. En atelier physique, les personnes parlent beaucoup, une émulation se crée. Le virtuel empêche tout cela.

Et comment votre équipe vit-elle cette situation ?

  • Céline : Mon équipe n’est pas grande, c’est plus facile. Mais personne ne fait de rencontre virtuelle. C’est leur choix.
  • Vanessa : La moitié de mon équipe, seulement, pratique le virtuel. La motivation est difficile, donc certaines recrues ne travaillent pas du tout, quels que soient les arguments.

Par contre, les nouvelles, recrutées virtuellement, n’ont aucun problème, mais elles devront apprendre la version “réelle” d’un atelier pour “après” ! En conclusion, force est de constater que le virtuel permet de travailler quand même, mais que l’ADN du métier de VDI est la rencontre physique. Côté clients, les avis sont partagés, souvent selon les tranches d’âge. Changer les habitudes est indispensable, cela prend du temps et n’est pas facile. Il est même probable que le virtuel restera un outil. Il faut trouver son propre fonctionnement, son organisation. Garder le positif, même si c’est très différent.

Crédit photo : Ghyslaine Ozanam

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