La vérité ou le mensonge

Toute personne qui s’intéresse à l’actualité, à la marche de la société, en un mot, à son environnement, se pose très vite une question cruciale : où est la vérité ? Ce que dit cet homme est-il vrai ou faux ? Cette affirmation est-elle vraie ou un mensonge ?

On a beaucoup parlé ces derniers temps de fake-news, d’informations fausses répandues par les réseaux sociaux, Internet accusé de propager les théories du complot, de constituer le terreau du conspirationnisme… Les grands médias ont joué les redresseurs de tort, les tenants de la vérité, les garants du sérieux de l’information en multipliant les vérificateurs d’infos, les décodeurs d’info, les rubriques « info ou intox », les tribunes de débunkers en tous genres. Les réseaux sociaux eux-mêmes ont largement financé les enquêteurs de la vérité et se sont permis d’occulter des publications par un bandeau « Cet article contient des informations erronées »…

Mais est-ce si simple de rétablir la vérité ? Est-ce si simple d’affirmer que telle ou telle affirmation est fausse ? Comment arbitrez-vous entre deux scientifiques qui disent exactement le contraire, par exemple sur la dangerosité ou non des OGM ? Du stockage des déchets nucléaires ?

Nous avons bien vu, depuis le début de la crise sanitaire, que rien dans ce domaine n’était simple et que des études scientifiques dans des revues prestigieuses comme « The Lancet » pouvaient être entièrement bidonnées et commanditées par des intérêts financiers supérieurs.

Sur Arte, récemment, un documentaire assez bien fait, intitulé « La fabrique de l’ignorance », montrait comment, à une époque, les industriels du tabac avaient financé des études scientifiques délibérément biaisées pour tenter de contrer celles qui prouvaient le risque accru de cancer des poumons pour les fumeurs. Plus tard, on a constaté le même phénomène à l’œuvre avec les perturbateurs endocriniens et notamment toute une cohorte d’étude aux apparences de respectabilité inattaquable censées innocenter le bisphénolA… On l’a encore vu tout récemment avec les études soi-disant scientifiques visant à démontrer le bien-fondé du confinement et modéliser le nombre de vies sauvées…

Vérité ou mensonge, rien n’est simple et si l’on n’est pas naïf, on sait bien que les gens mentent en fonction des intérêts qu’ils ont à défendre. Ainsi, tout médecin interviewé sur un plateau de télévision devrait au préalable indiquer ses conflits d’intérêts…

Parfois, le sommet de l’art de la propagande, le comble de la manipulation, pour un pouvoir dont une grande partie de l’opinion se défie, peut être de faire croire qu’il a menti sur un sujet crucial, et ce n’est qu’un paradoxe apparent. Pensons par exemple aux masques…

C’est peut-être bien ainsi qu’on a réussi à imposer le masque partout en France de manière aussi magistrale : en faisant croire que le gouvernement avait menti aux français en leur disant que le masque n’était pas à conseiller en population générale parce que les stocks de masques étaient désespérément insuffisants. L’argument du mensonge du gouvernement dont tout le monde se défie a sans doute été largement déterminant dans cette aussi large acceptation ultérieure. En fait, cette fois-là, ils ne mentaient pas et relayaient simplement la position scientifique dominante qui était bien entendu la plus réaliste. Car un masque en population générale ne sera jamais utilisé de manière correcte et sera donc dans la majeure partie des cas plus nuisible que bénéfique. Les masques que les gens portent au quotidien dans les rues et dans les magasins sont de véritables nids à microbes… Et ne parlons même pas des masques que les gamins portent à l’école primaire ! Un masque, on ne doit plus y toucher une fois qu’il est en place. Observez juste cinq minutes les convaincus du masque qui veulent le promouvoir à tout prix sur les plateaux télés : ils le touchent sans arrêt en parlant, le réajustent constamment. Il n’y a rien de pire justement pour contaminer l’environnement car après ils vont toucher leur chaise pour se lever…

Bref, démêler le vrai du faux, c’est bien plus complexe, en général, que ce que les rubriques des Organes de Vérité sur commande le prétendent et ce n’est pas en quelques lignes que ces OVR (Organes de la Vérité Révélée), ces brigades du Ministère de la Vérité, comme dans le célèbre roman d’Orwell, 1984, peuvent réellement rétablir la vérité… Souvent, elles ne font que colporter d’autres mensonges…

Crédit photo : Image par torstensimon de Pixabay

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