“Par ces temps troublés, bien des croyances sont ébranlées, bien des rêves revisités et bien des projets renégociés. Mais la Vie reste passionnante, insolente, intense fragile et forte à la fois. Un oxymore que je prête volontiers à toutes les femmes. Furent-elles Courtisane, Geisha, Amante, Concubine, Epouse, Mère, Fille ou Sœur, depuis toujours en fragiles guerrières, elles ont gagné du terrain. Les plafonds de verres volant en éclats, ont permis à certaines de briller dans les hautes sphères. Nous sommes gardiennes des combats menés par ces pionnières.  Pour nos filles, nous avons également le devoir de continuer à débroussailler les chemins. Fort heureusement, certaines dates sont là pour le rappeler à tous : La journée internationale des droits des femmes est une invitation mondiale à fêter les victoires mais aussi à veiller au respect des droits acquis. De ce point de vue, je trouve le mouvement #Me Too, très positif. Pour autant, je crains que les relations entre les hommes et les femmes se construisent sur des terrains de méfiance.

Il y a quelques jours, un échange passionnant et passionné, nous a mené vers le « flirt de nos jours ». Nous étions 3 hommes et 2 femmes. “J’ai peur d’avoir un regard insistant, j’ai peur de montrer à une femme que je suis séduit ! Je suis devenu attentiste, c’est à elle de faire le premier pas ! » Dit un de mes interlocuteurs. Force est de constater que beaucoup d’hommes ne savent plus comment conter fleurette aux dames. Qu’en est-il de nos jeunes ? Quels conseils un père prodigue-t-il à son fils ? En vérité, personne ne coche les cases de la perfection. Pour autant, tous  les hommes ne sont pas des « porcs », toutes les femmes ne sont pas des « victimes ». Je fais le vœu de voir les deux sexes mener le même combat vers l’égalité et trouver un modus vivendi durable.

Dans ma vie personnelle et professionnelle, j’ai eu à mener des combats et relever des défis. Je suis alors bousculée par le sentiment de perdre ma féminité et gagner en puissance. “Ton côté masculin, est dominant ” me dit un collègue, il y a quelques temps! Etrange ? Non ? La société et l’éducation nous affublent d’adjectifs édulcorés. Je dis non. Nous pouvons réussir, se sentir fortes, puissantes et rester féminines jusqu’au bout des ongles écarlates. Girl power !

Installée depuis fin 2018 à Rambouillet, j’ai eu le bonheur et le privilège d’accueillir dans ma vie des femmes Fabuleuses. De confidences en confidences, j’ai entendu des maux, des souffrances, des réussites, des combats, des défis, du bonheur, des souvenirs. Tant d’émotions, tant de rire, des larmes parfois.  Je souhaite partager avec vous les mots de 2 d’entre elles. Je leur sais gré de s’être prêtées au “JE “pour ce petit jeu de questions/réponses.


Khadija LABDOUI Agent mandataire BSK immobilier

Merci de citer 3 mots que tu aimes et indique pourquoi?
Malgré la difficulté du choix, voici trois mots qui me sont chers
– Agilité : savoir adopter et s’adapter
– Engagement : quand on est engagé, cela attire de la motivation et de l’énergie positive. 
– Valeurs : il est important  d’être fidèle à ses valeurs

Pourrais-tu conter une situation dans laquelle,  parce que tu es une femme, a exigé de toi plus d’effort. Une situation qu’un homme aurait appréhendé plus facilement du simple fait d’être un homme?
Mon engagement et mes valeurs m’ont permis d’obtenir un doctorat  en chimie. Après une série de 6 entretiens, j’ai intégré avec des étoiles dans les yeux une grande entreprise. Malheureusement, étant une jeune femme, j’ai eu une réelle difficulté à m’imposer auprès des experts masculins âgés qui me voyait comme une petite fille. J’avais pour ambition d’évoluer au sein de cette entreprise mais rapidement j’ai été confrontée à la réalité du terrain. Les années passent toujours au même poste avec des projets dont on ne voyait pas le bout. Ma vie de femme évolue et mon envie de maternité grandit. Quand on choisit à deux d’être parents, nous avons la chance nous les femmes de porter la vie, néanmoins l’arrivée d’un enfant ne passe pas inaperçue. Dans le monde de l’entreprise, j’ai ressenti une différence contrairement à mes collègues masculins qui allaient devenir pères. Après mes grossesses, je n’étais plus celle qui était libre de tout engagement. 

Et enfin, merci de nous livrer un retour d’expérience sur une prise de risque qui fût une réussite?
A ce jour, ma plus grosse prise de risque a été de quitter le monde du salariat pour rejoindre celui de l’entreprenariat. Après plus de quinze ans dans la chimie, j’ai choisi de me lancer en tant que consultante indépendante en immobilier pour accompagner les gens dans leurs projets . La prise de risque est liée à l’incertitude de mes revenus mais aussi à la sortie de ma zone de confort. Cependant, remettre l’être humain au centre de ma mission a été pour moi ma principale motivation, renouer avec le lien social. Aujourd’hui, quel que soit le résultat, cette prise de risque restera pour moi une réussite car cela demande du courage et malgré les difficultés, j’apprends jour après jour sur les autres et moi-même. 


Amandine Thomas Dirigeante et Consultante en Évolution Professionnelle

Mes 3 mots ce sont 3 valeurs : Générosité (donner du temps, de l’énergie, de l’investissement, sans attente de retour) ; Bienveillance (c’est-à-dire tendre toujours vers le fait de veiller au bien des personnes) ; Stimulation (j’aime vivre une vie variée, inédite et qui sort de l’« ordinaire », j’aime les rencontres, l’apprentissage, les nouvelles expériences);

Pourrais-tu conter une situation dans laquelle, parce que tu es une femme, a exigé de toi plus d’effort. Une situation qu’un homme aurait appréhendé plus facilement du simple fait d’être un homme? : mon évolution professionnelle. Le secteur des ressources humaines est un secteur majoritairement de femmes (70% de femmes). Néanmoins, plus la dimension de l’entreprise devient importante, moins de femmes sont aux commandes des RH (8 femmes sont DRH dans le CAC 40). L’empathie qui est une force peut être aussi perçue comme une fragilité à des niveaux de responsabilités plus élevés. J’ai donc eu l’impression de devoir redoubler d’efforts pour être perçue comme crédible ou responsable. De la même manière, je remarque qu’il y a beaucoup de secteur professionnel qui majoritairement féminin (cuisine, couture, médical, éducation, …) et dont les postes à responsabilités sont tenus par des hommes. Il existe un plafond de verre créé et alimenté par notre société patriarcale qui empêche les femmes de se projeter et de se sentir capable d’aller plus loin. Elles sont souvent freinées par l’estime qu’elles ont d’elles et par la responsabilité qu’elle se donne vis-à-vis de leur vie de famille.

Et enfin, merci de nous livrer un retour d’expérience sur une prise de risque qui fût une réussite? : Devenir entrepreneure dans le conseil. J’ai longtemps pensé, de par mon handicap physique, que je n’étais pas capable d’aller vers les autres car j’estimais ne pas avoir de valeur. Cet handicap (agénésie de la main droite) m’a très longtemps défini, me réduisait et me donnait une excuse de ne pas faire, de ne pas rencontrer ou de ne pas oser. Au lycée, j’ai dit à l’une de mes amies que je ne pourrais pas aller en discothèque, et lorsqu’elle m’a demandé « pourquoi », c’est alors que je me suis aperçue que les seuls freins qui existaient, étaient ceux que je me mettais. J’ai alors appris à me connaître et à valoriser mes atouts, mes qualités et à les développer. Récemment une personne de mon entourage professionnel m’a demandé de joindre les 10 doigts pour faire un exercice de détente, je me suis rendue compte que mon handicap n’était même plus visible ! XD

Crédit photo : Image par Please Don’t sell My Artwork AS IS de Pixabay / Labdoui Mohammed / Oso Olivier Sochard

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